12 juin 2008

Oubliez-moi

Non, il ne s’agit pas d’un désir d’échapper au monde et de se réfugier au fin fond d’une île déserte mais simplement le souhait de milliers de personnes qui se sont exprimées en texte et en images sur le Net et qui rêvent maintenant d’effacer toutes ces traces.
Car à la belle époque des débuts du web, chacun s’est bien amusé. Trop contents de pouvoir s’exprimer enfin, devant une assemblée nombreuse, beaucoup d’internautes se sont "lâchés" et aujourd’hui, ils en subissent les conséquences, surtout professionnellement.
Nombreux sont ceux qui continuent encore, surtout les jeunes, à s’afficher partout (ce qui n’est pas grave) mais aussi n’importe comment et sans préserver leur identité (ce qui est bien plus grave).
Les réseaux sociaux dont le succès est indiscutable, 50 millions d’inscrits pour Facebook, 100 millions pour MySpace sont des bases de données énormes pointées du doigt par le dernier rapport de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) et considérées comme "dangereuses" car elles permettent le fichage des internautes.

Comment s’en sortir, là est la question ?
Alex Türk, le président en exercice de la CNIL veut faire reconnaître le caractère fondamental et constitutionnel du droit à la protection des données personnelles. « Nous sommes aujourd'hui confrontés à une problématique récurrente de traçage de la personne dans l'espace et dans le temps… Dans l'espace, par le déploiement de technologies comme le GPS ou les puces RFID. Et dans le temps, en raison des informations à caractère personnel stockées sur des réseaux sociaux, comme Facebook ou MySpace, et sur les différents moteurs de recherche… »
La CNIL milite donc pour qu’« un droit à l’oubli » soit inscrit dans la Constitution, une position déjà adoptée par 13 des 27 pays membres de l'Union européenne.
La même CNIL avait déjà demandé l’anonymisation des décisions de justice en 2001 et une limitation de l’archivage des données personnelles dans les entreprises du secteur privé en 2005…Vœu pieux hélas, car non suivi des faits.
Il est illusoire d’attendre de l’Etat qu’il prenne des décisions définitives sur le sujet. Quelle instance exerce un lobby suffisant pour faire pression ? Si les majors ont des intérêts énormes à réguler le téléchargement de la musique sur le Net, le sort des données personnelles des individus sur le web n’est pas une priorité économique ! Il est plus prudent dans l’immédiat de ne pas attendre les décisions du législateur et de se prémunir d’ores et déjà de toute publication inutile ou compromettante sur le Net. Pour ce qui est de l’existant à faire disparaître des cabinets spécialisés s’occupent de tout.

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