20 juin 2008

Qui êtes-vous ?

La preuve de l’identité numérique devient une véritable préoccupation. Nous avons vu avec le lancement du film d’Alain Chabat comment on pouvait duper Wikipedia… Et si vous croyez être l’ami de Carla Bruni, de Madonna et du Prince de Monaco sur Facebook, je suis désolée de vous décevoir mais vous vous bercez d’illusions. Des petits malins créent de fausses identités tous les jours. Même les morts ont des amis, curieux réseau que celui qui permet de converser avec Machiavel ou Marylin Monroe… Entrer dans le jeu d’un schizophrène qui se prend pour James Dean me paraît un jeu sans intérêt.

Récemment un ingénieur commercial a été victime d’une
usurpation d’identité sur Viadeo, l’imposteur cherchait à vendre des prestations en lieu et place du légitime Fred Cavazza. Tout est rentré dans l’ordre mais personne n’est à l’abri. On a vu une jeune femme traumatisée par une série d’appels téléphoniques à caractère sexuel alors que c’était sa collègue de bureau qui l’avait inscrite sur Meetic avec une annonce alléchante. Cette dernière a écopé d’une amende de 10 000 euros mais le préjudice reste entier.

Cette même usurpation d’identité pollue aussi le cyber commerce. Le journal
Le Monde nous apprend que tout cela coûte des sommes vertigineuses, trente-deux milliards d’euros aux Etats-Unis et 2,25 milliards d’euros au Royaume-Uni. Les ministres de l’OCDE très préoccupés lancent plusieurs pistes de réflexion pour lutter contre l’insécurité de la protection des données dont la reconnaissance de l’infraction pénale et l’éducation. A ce propos je critiquerai le peu de prise en compte du gouvernement français de toutes ces questions. Eric Besson, secrétaire d'Etat français chargé du développement de l'économie numérique a quelques leçons à prendre de nos voisins européens comme les Anglais par exemple qui ont déjà mis en place des sites destinés à l’éducation des jeunes internautes.
Pour ce qui est des autres générations, celles qui ont une approche purement empirique du media, on ne peut que les inciter à faire preuve de vigilance en attendant que soient créées des applications fiables de certification de l’identité numérique. Des tentatives de ce genre sont déjà en cours,
un jeune entrepreneur a mis au point un système MyID.is qui va dans ce sens. Chaque internaute pourra ainsi se créer une carte d’identité sur Internet pour prouver son identité.

2 commentaires:

Stéphanie Will a dit…

Bonjour MTC,
Merci pour ce billet dont la problématique, à long terme, est passionnante. Je ne connaissais pas les affaires que vous citez, j'avais survolé celle de Chabat - preuve que les stratégies de communication ne suscitent pas toutes chez moi le même intérêt...
En revanche la question d'exister en tant que soi-même, et en toute transparence, sur la toile me préoccupe beaucoup. Et je souhaite qu'avec le temps, la reconnaissance ne me vaille pas - comme Versac le commente sur le site de F. Cavazza - l'appropriation de mon nom pour signer tout et n'importe quoi, ou je ne sais quelle manipulation qui reste à inventer...
Je crois que, de nos jours, il est de plus en plus difficile de naviguer avec un double profil - un "secret" / un "public".
J'ai choisi le parti du "moi découvert", c'est beaucoup de travail - sa "web réputation" est une veille très minutieuse, mais je crois que c'est l'une des solutions les plus évidentes pour maîtriser son histoire en ligne.

M-T Chedeville a dit…

Une vraie réflexion!
Comme nous ignorons l'évolution du medium et des dispositions qui seront prises, il est, vous avez raison préférable de rester authentique et soi-même tout en faisant preuve de précautions.
MT