22 oct. 2008

eBay s’attaque aux petites annonces immobilières.

Quand on s’est longuement penché sur la stratégie d’eBay et que l’on connaît sa capacité à réagir, il fallait s’attendre à ce que le géant de l’enchère en ligne, devienne le géant de la petite annonce. Et quel est le marché de la petite annonce le plus juteux ? Celui de l’annonce immobilière bien entendu. Les acteurs du secteur ont intérêt à revoir leur copie car bon nombre d’entre eux risquent de disparaître, anéantis par l’écrasant eBay.
Il faut dire que nous avons à faire à des structures extrêmement individualistes et peu partageuses. S'occuper de transactions immobilières rend suspicieux. Toutes ces institutions ont une mentalité très particulière, elles se voient toutes concurrentes entre elles, et pour cause le bien immobilier est rare et de plus ne leur appartient pas. Elles vendent donc une information précieuse sur laquelle elles font une marge plus que substantielle.
La FNAIM (Fédération des Agents immobiliers) pendant des années a récolté des dizaines de millions de francs grâce aux consultations de ses petites annonces sur le Minitel. Quand l’Internet est arrivé en 1995, elle a eu du mal à croire que cette manne allait se tarir, et pourtant en l’espace de trois ans, les utilisateurs avaient abandonné le Minitel (payant) au profit de l’Internet gratuit. La leçon a été cuisante car au sein de la fédération, personne n'avait imaginé un tel bouleversement. Quand, en 1999, j’ai monté le premier portail d’immobilier Nexdom, j’ai réussi à faire comprendre aux principaux acteurs (FNAIM, La Centrale, Entreparticuliers…) qu’un regroupement des petites annonces immobilières sur un seul site était la solution la plus commode pour l’utilisateur. Un tel service gratuit rassemblait tous les internautes cherchant un bien immobilier. Au bout de deux années, les vieux réflexes conservateurs ont repris le dessus, chacun a développé son propre site, n'ayant rien compris à ce qu'était la "co-opetition" (intérêt de travailler avec des concurrents potentiels à un projet commun). Pour dénicher le bien de ses rêves l’acheteur se retrouve donc aujourd’hui à consulter un nombre incalculable de sites web pour obtenir un renseignement.
Si le dépôt de l’annonce est payant sur les sites de particuliers, la consultation est gratuite mais les annonces de professionnels restent très sommaires, toujours la peur de l'agent immobilier de se faire doubler par un confrère ou par l'acheteur qui contacterait en direct le propriétaire !

Sur le site d’eBay l’annonce sera gratuite pendant 2 semaines puis 4 euros les 2 semaines suivantes. Mais si on la renouvelle tous les 15 jours, on ne paie pas. Un vrai plus, le bien est positionné sur un plan Google. Certains acteurs fanfaronnent en disant qu’ils ont la légitimité et l’ancienneté mais dans un contexte difficile, l’utilisateur est prêt à tout pour faire des économies. Les supports pour les particuliers tels ParuVendu, Entreparticuliers ou PAP…. ont donc du souci à se faire, quant aux professionnels ils ne sont pas à l’abri non plus. On a atteint désormais une véritable aisance dans l’utilisation des outils web et les internautes sont autonomes dans beaucoup de services alors je ne vois pas comment une annonce immobilière sur eBay les rebuterait.
Qu’il est difficile de se remettre en question !
La Redoute vient d’annoncer le licenciement de 750 personnes, à cause de la concurrence d’Internet dit le PDG. Non, c’est un modèle obsolète qui s’écroule.

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