29 janv. 2009

Quand les media sont censurés, Internet s’éclate.

La décision du gouvernement israélien de bloquer l’accès de Gaza aux journalistes qui voulaient faire leur travail a eu des conséquences surprenantes. La censure croyait avoir tout prévu en empêchant les soldats de Tsahal de faire des photos et d’alimenter leurs blogs, en allant jusqu’à réquisitionner les téléphones portables mais un autre front s’est ouvert.
Deux heures après le début du conflit, un Américain ayant servi en Israël a monté
un groupe sur Facebook "Je soutiens l’armée israélienne dans son opération de prévention de la terreur sur Gaza". Aussitôt l’auteur a reçu des messages violents du type : « Comment aimerais-tu mourir ? » Un Palestinien qui a créé un autre groupe "50000 signatures pour soutenir les Palestiniens de Gaza" se plaint également d’avoir été menacé par un groupe appelé "la force de défense juive sur Internet".
C’est également sur Facebook que de jeunes Egyptiens ont organisé des manifestations sans précédent contre le pouvoir en place, accusé d’être complice d’Israël. Comprenant être au cœur du conflit, les dirigeants de Facebook ont suivi avec beaucoup de vigilance ces joutes. « Notre but, c’est de faire une balance délicate entre la liberté d’expression et le souci que personne ne se sente menacé ou mis en danger « a déclaré le porte-parole de la firme.
Voyant que le Web 2.0 devenait un champ de bataille, le consulat d’Israël à New-York a tenu une conférence de presse retransmise par Twitter, tout en maintenant, après les hostilités une censure draconienne. Aujourd’hui,
les censeurs militaires ont interdit aux media de donner les noms des officiers qui ont participé aux opérations de Gaza et les lieux où ils sont intervenus. Ils ne veulent pas que les associations internationales portent plainte contre Israël pour atteinte aux droits de la guerre et aux droits de l’homme en utilisant des informations précises dans leurs plaintes !

26 janv. 2009

Aussi célèbre qu'Obama


Vous vous êtes réjouis de l'élection de Barack Obama, vous avez admiré sa campagne électorale, vous êtes tombés en arrêt devant le magnifique poster en bichromie bleu et rouge qui servait d'illustration à sa présentation. L'oeuvre réalisée par un artiste urbain nommé Shepard Fairey n'est pas pour rien dans le succès du candidat.

Aujourd'hui voous pouvez avoir le même succès... Grâce au site Obamicom.me vous pouvez envoyer votre photo et recevoir une épreuve qui sera une version graphique très proche du poster de votre héros. Une bonne manière d'impressionner vos amis Facebook ou d'égayer les rues de votre quartier avec une version poster ! Après tout la rue est à tout le monde, il n'y a pas de raison de n'y voir que les hommes politiques... Vous pourrez ainsi vous inscrire dans la tradition des illustrations de Studio one, l'agence de Fairey dont vous comprendrez mieux l'itinéraire (étonnant) et le travail à travers cet interview.

12 janv. 2009

Tous détectives sur Internet.

Identité. En googlisant un nom on peut en apprendre beaucoup sur une personne surtout si elle a le bon goût de s’être inscrite dans des sites comme Viadeo, Facebook ou Talentsbooster. On pourra parfois récupérer son mail ou son téléphone si il est indiqué sur un site. C’est d’ailleurs ainsi que procèdent les robots aspirateurs de mails qui viendront par la suite polluer vos boîtes mails. Reconstituer la carrière de quelqu’un devient un jeu d’enfant.

Géolocalisation. Si on connaît votre adresse (facile grâce à l’annuaire de recherche des Pages blanches) on peut aller voir où vous habitez grâce à Google Earth ou Virtual Earth. On peut même repérer votre résidence secondaire… La soi-disant modeste maison de campagne qui se révèle être un somptueux manoir !!! Même utilisation pour repérer une destination de vacances.

Tracking. Votre adresse IP, c’est à dire, l’adresse de votre ordinateur se fait capter par certains sites, c’est ce qui permet aux analystes marketing de savoir si vous revenez sur le site, en d’autres termes si vous êtes un visiteur fidèle. Point n’est besoin d’être inscrit avec login et password. Le site de la CNIL en fait d’ailleurs la démonstration.
Une nouvelle application est maintenant disponible sur le net : Visual Trace Route Tool. L’outil détecte votre adresse IP, bon jusque-là facile ! Mais il fait mieux, grâce à IP Lookup, il détecte, votre pays, votre région, votre ville, votre FAI (fournisseur d’accès à Internet), le type de connection, et grâce son jumelage avec Google Earth, il pointe sur votre quartier. Ouf, pour un peu il donnait mon adresse, heureusement je passe par un serveur proxy, c’est donc sur ce serveur que la géolocalisation s’est faite.
De la même manière on peut tracer un mail avec Trace email. J’en ai fait l’expérience. C’est ainsi qu’un mail indésirable indiqué en .hu, je pensais donc naïvement qu’il était envoyé de Hongrie erreur, grâce à Trace email, j’ai découvert qu’il venait de France, et plus particulièrement d’Aubagne (13). Pour les particuliers, l’investigation s’arrête là, mais si il y a une grave atteinte à la loi française, il sera facile pour vous d’apporter ces éléments comme preuve à la police.
Un point utile dans cet outil, on peut « blacklister » une adresse IP pour être tranquille. Et c’est que j’ai fait pour le petit malin d’Aubagne, j’ai mis l’adresse IP que j’ai détectée dans son mail dans la Blacklist.

6 janv. 2009

Hommes politiques à vos blogs.

Pour comprendre comment un homme politique d'aujourd'hui doit gérer son image sur le web, je vous invite à lire le blog de Michael Carpentier, un Canadien qui fait une bonne analyse de la campagne d’Obama sur le web et qui donne les principes d’un bon usage de l’Internet en politique.
1- Une présence Web permanente et durable.
2- Nommez un tsar du Web. Et écoutez-le.
3- Créez des outils, pas seulement du contenu.
4- Votre agence de relations publiques devra apprendre à travailler avec les pros du Web.
5- Le Web n'atteint pas tous les électeurs…
6- Utilisez le Web de manière positive.
7- Segmentez votre audience, et utilisez les bons canaux pour chaque segment.
8- Soyez partout au lieu de vouloir être le centre du Web.
9- Mesurez l’engagement, pas les pages vues.
10- Le téléphone portable est maintenant un ordinateur. Imaginez dans 4 ans!
11- Les outils du Web collaboratif sont aussi valables en interne pour votre équipe.
12- L’exécution est aussi importante que le concept et la stratégie.

Regardons aujourd'hui ce que Barack Obama continue à faire sur le web. Il tient désormais le blog du Président élu. Une succession de billets au quotidien qui abordent à la fois les aspects politiques et la vie familiale du futur président.


Et notre Président, que fait-il ? Par curiosité j’ai recherché dans Google « sarkozy+blog », persuadée que j’allais trouver le blog de notre Président avec des informations pointues et actuelles. La consternation fut totale.


On trouve un saumâtre mélange de blogs tenus par d'illustres inconnus et des blogs "officiels" périmés. En position 1, un blog qui aborde un peu tous les sujets, en 2 un blog satirique anti-Sarkozy, en 3 un sarkozy.fr, "Ensemble tout devient possible" blog officiel dont l’actualité date ... de 2007 ! Puis un sarkozynews, un blog anti-sarko contrairement à ce qu'on pourrait croire. Puis un blog UMP, pas très frais et pas très sexy. Puis un blog de soutien, suivi d'un blog "atlantiste" qui mélange les propos et les langues. Le blog de Jean Sarkozy sort en page 2 de Google, mais les nouvelles ne sont guère plus fraiches, (le dernier post du 6 novembre 2008 reprend le discours de Barack Obama.). Les pages suivantes sont du même acabit. Et si on recherche avec "nicolas sarkozy"+blog, ce sont les mêmes résultats qui sortent.

"Ne pensez pas qu'on ne vous regarde pas", se plait à dire Nicolas Sarkozy aux dirigeants européens pour souligner l'importance de l'image et du verbe. Et pourtant... Que fait-il ou ne fait-il pas avec l'Internet français pour obtenir des résultats aussi piteux. Faut-il mettre en cause la multiplicité des intervenants ou plus simplement leur incompétence ?
Un constat s'impose, le Président de la République n'a aucune stratégie en matière de gestion de l'image de soi sur le Net. Visiblement personne ne lui a exposé à quel point il était important pour un personnage tel que lui d'être présenté de manière cohérente et positive sur le Net et dans la blogosphère.