26 avr. 2009

Wikipedia pour faire revivre vos aïeux.

Il se trouve que l’un de mes ancêtres est un musicien, « très connu mais par très peu de monde » comme dit mon mari pour plaisanter. Une recherche sur Internet m’a effectivement montré que si on trouvait sa discographie, aucun site ne donnait d’éléments biographiques. J’ai donc décidé de lui donner de la visibilité sur le net, après tout c’est mon activité.
J’ai rédigé une modeste biographie de
Nicolas Chédeville dans Wikipedia et j’ai ajouté en illustration l’image du portrait dont j’ai hérité il y a quelques années. J’ai dû aussi faire un article sur Alexis Grimou, le peintre auteur de ce tableau car il n’était même pas mentionné sur Wikipedia. Je trouvais cela plutôt amusant de redonner de la présence à ce personnage. En quelques jours, mon article sur "Nicolas Chédeville" est arrivé en première place des résultats Google.

L’histoire ne s’arrête pas là.
J’ai été contactée par un musicien qui a entrepris un travail de recherche sur la musette du XVIII° et qui m'a rencontrée afin de voir de près ce tableau. Il était ravi de découvrir un portrait jusque-là inconnu de Nicolas Chédeville.
J’ai retrouvé en toutes lettres le texte que j’ai rédigé sur Wikipedia dans
le catalogue de l’exposition (2008) sur la vielle à roue au musée de Brou à Bourg en Bresse, bien entendu sans mention de la source utilisée...
Quant à l’article sur Alexis Grimou, personne ne l’a complété, à ma grande stupéfaction car ce peintre, que les critiques d'art qualifient de Rubens français est largement représenté dans les musées nationaux. Il existe une thèse sur ce peintre parue en 2005. Le jeune étudiant ignore-t-il Internet ou peut-être trouve-t-il cette vaste encyclopédie indigne de son travail ?
Pour découvrir la musique de Nicolas Chédeville.

21 avr. 2009

Wikipedia, une ville sans limites

L’encyclopédie en ligne Wikipedia recense 13 millions d’articles et sa version française est la troisième en ordre d’importance. En janvier 2009, plus de 60 millions d’Américains ont visité le site, presque qu’autant fréquenté qu’Amazon ou eBay.Le succès planétaire de ce collège invisible a des conséquences qui sont encore difficiles à mesurer. Certains articles comme "China" ou "Obama" sont rédigés grâce à plusieurs centaines de contributeurs et mis à jour quotidiennement.
Un ouvrage vient de sortir aux Etats-Unis, son auteur, un wikipédien de la première heure, Andrew Lih. Dans son livre intitulé The Wikipedian Revolution, il essaie de qualifier ce qu’est Wikipedia et la métaphore de la ville revient souvent. Le journaliste Noam Cohen, dans le New York Times cite cette phrase de l’auteur O. Henry sur New York : « ce serait un endroit fantastique à vivre si cette ville était un jour finie. » Ce caractère de chantier permanent caractérise parfaitement Wikipedia dans lequel on circule comme dans une ville aux multiples rues, places et quartiers. Comme des citoyens d’une ville, les utilisateurs de Wikipedia obéissent à quelques règles de base qui permettent la cohabitation d’individualités différentes. Pratiquant la politique de la bonne foi, ils peuvent assurer des points de vue contradictoires. Sur Wikipedia c’est la règle du N.P.O. (Neutral point of view) qui permet la cohabitation, comme la tolérance. Un état d’esprit qui a régné sur des villes comme Venise, Amsterdam ou New York lors de leur apogée. La liberté de ces métropoles a toujours choqué les intégristes et les puritains. Tout comme aujourd’hui les détracteurs de Wikipedia sont nombreux arguant du fait qu’une encyclopédie sans contrôle d’experts, sans sélection entre l’information triviale et l’information de référence, sans logique commerciale et sans copyright est un non-sens. Un scandale permanent comme l’ont été ces mégapoles, lieux de toutes les rumeurs et de toutes les débauches, lieux de l’artifice et de l’égoïsme, lieux où l’homme perd ses références traditionnelles.